Managers : Pensez dès maintenant à développer et à maitriser l’intelligence émotionnelle(IE) parallèlement au pilotage de vos équipes de travail par les outils que vous offrent aujourd’hui l’Intelligence Artificielle(IA) !
La gestion et la mobilisation des équipes de travail ne peuvent être efficaces uniquement par la mise en place et le pilotage moyennant l’IA mais plutôt avec le développement de l’IE, compétence indispensable à tout manager.
A nos jours, l’IA a tendance à exceller pour analyser, prédire et optimiser le management professionnel au sein des organisations et entreprises. En effet, si l’IA a réussi à automatiser les compétences techniques des Managers notamment à analyser les styles de communications, détecter les cheminements et les patterns d’évolution et suggérer des reformulations et faciliter la prise de décision, l’IA ne pourrait jamais remplacer la compétence d’un manager émotionnellement intelligent c’est-à-dire que l’IE devient une compétence managériale que tout manager devrait en disposer et non un trait de personnalité si on cherche à développer une performance collective des équipes de travail et améliorer le quotient émotionnel(QE), garant primordial de l’efficacité et de la régularité de la performance de ces équipes et partant des entreprises dans un environnement marqué par la concurrence acharnée.
Le Dr Reuven Bar-On, psychologue et scientifique, a consacré 17 ans de recherche à construire le modèle de référence aujourd’hui le plus utilisé dans le monde pour mesurer le Quotient Émotionnel. Il l’articule autour de cinq grandes dimensions : La perception de soi, l’expression individuelle, les facultés relationnelles, la prise de décision et la gestion du stress. Ce spectre élargit ce qu’on met habituellement derrière le mot « émotionnel ». Autrement dit, l’intelligence émotionnelle ne relève ni de l’intuition ni de la personnalité. Elle repose sur un ensemble de compétences observables qui peuvent être développées tout au long de sa carrière. Les cinq dimensions de l’IE selon Bar-On sont :
- La perception de soi
- L’expression de soi
- Les facultés relationnelles
- La prise de décision
- La gestion du stress.
Même si un Manager est brillant, reconnu compètent et engagé et pourtant chaque fois qu’un collaborateur lui remonte un problème, il lui coupe la parole, propose une solution et passe à autre chose. Ce qui conduit son équipe à ne plus venir le voir et lui ne comprend pas pourquoi le climat s’est dégradé. Ainsi, le problème ici n’est pas un manque de compétences mais surtout un manque d’intelligence émotionnelle ; C’est précisément ce qui distingue aujourd’hui un excellent expert d’un excellent manager.
Dans son rapport Future of Jobs 2025, puis à Davos en janvier 2026, le World Economic Forum indique que la créativité, l’adaptabilité et l’intelligence relationnelle seront les compétences les plus valorisées d’ici 2030. Pourquoi ? Parce que ce sont celles qui seront les plus difficiles à automatiser. Pourtant, combien de parcours de formation intègrent ces compétences ? Combien d’évaluations de performance incluent la capacité à réguler ses émotions sous pression ou à créer les conditions ou chacun ose s’exprimer, notamment chez les managers ? peut-être parce que le mot émotion reste difficile à entendre en entreprise, un malentendu persiste.
L’IE ne se développe pas seulement en lisant un livre ou en suivant un module en ligne. Elle se construit dans la relation, par un feedback et dans la confrontation bienveillante à ses propres angles morts. Cela nécessite de comprendre son profil émotionnel avec un interlocuteur humain capable de tenir ce miroir.
Cinq leviers concrets pour développer son intelligence émotionnelle : La bonne nouvelle est que l’intelligence émotionnelle se développe.
Comme toute compétence, elle peut être entrainée au quotidien à travers des habitudes simples. Voici cinq pratiques particulièrement utiles pour les managers.
- Nommer ce que vous ressentez, pas ce que vous pensez. Avant un échange difficile, identifiez votre état interne en deux mots. Nommer réduit l’intensité émotionnelle et cela permet d’agir plutôt que de réagir.
- Pratiquez l’écoute active. On écoute souvent pour répondre, pas pour comprendre. Reformuler ce que l’autre vient de dire évite les interprétations et change la qualité de l’entretien.
- Marquez une pause. Dans un moment de tension, une respiration lente et profonde est une réponse au stress. Trois cycles suffisent à réactiver la pensée rationnelle là ou l’instinct voulait réagir.
- Créez des espaces ou les émotions peuvent exister et partager une incertitude ou une difficulté à bon escient permet de créer une culture de confiance.
- Faites- vous accompagner. Connaitre votre profil émotionnel, vos forces, vos angles morts et vos ressources est un investissement dont vous ressentirez les effets, tout comme les personnes qui travaillent avec vous.
Demain, les meilleurs managers ne seront pas forcément ceux qui maitrisent le mieux l’IA :
A mesure que les compétences techniques deviennent plus facilement automatisables, la capacité d’un manager à créer de la confiance, gérer les tensions et faire grandir ses équipes devient un véritable avantage concurrentiel.
La bonne nouvelle, c’est que le quotient émotionnel peut évoluer tout au long de la vie. Alors oui, investissez dans vos outils IA, automatisez tout ce qui peut l’être. Mais n’oubliez pas ce qu’aucune machine ne pourra faire à votre place ; comprendre ce qui se passe dans votre relation à l’autre, réguler vos propres réactions pour rester lucide sous pression et faire en sorte que chacun autour de vous se sente suffisamment en sécurité pour donner le meilleur, un enjeu central de tout manager.
A l’heure où chacun cherche à tirer le meilleur parti de l’IA, le véritable défi consiste peut-être à développer ce que les algorithmes ne sauront jamais reproduire : la qualité de la relation humaine.
« On recrute sur des compétences, mais on perd des collaborateurs sur des comportements. L’IA ne peut pas changer ça mais vous, oui ! »
Article élaboré par Hamid ZAHIR/Direction de l’ORMVAT.
